Le livre de Belkacem Belarbi se lit comme un beau roman. L’auteur remonte le cours de sa propre histoire et celle d’un quartier indigène, pauvre, mais digne.
Ce joyau littéraire a vu le jour en janvier 2013, pour « nous remémorer la colonisation dans les terres céréalières et rappeler que, contrairement aux affirmations indéfendables de ses dirigeants, la présence française en Algérie n’a écrit que des pages sombres ».« Sa conquête n'a été qu’extermination, expropriation, misère, déchéance, et ignorance pour les indigènes qu'étaient les Algériens », écrit-il. Après l’indépendance du pays, Belgacem Belarbi entame une brillante carrière universitaire, avant d’intégrer le gouvernement de Belaïd Abdeslam en tant que ministre de l’Industrie, un 3 février 1993.
En écrivant son livre, l'auteur voulait aussi servir de référence aux générations futures en les promenant à travers les dédales de village «Sbagnol» en leur présentant les figures attachantes qui y vivaient à même de leur faire sentir la chaleur humaine qui l'enveloppait.
Dans son deuxième chapitre intitulé «Les petits drapeaux» Belarbi décrit avec fidélité et précision son village où les rues ne portaient aucun nom, tout comme la majorité des quartiers indigènes, car vétustes, ternes, voire trop laides pour accéder à un tel privilège, dira-t-il, précisant que le fait de pas porter de nom n'est ni léthargie et encore moins une existence honteuse tant qu'elles (ruelles) débordaient d'activités à la mesure de la population qui les habitait. Le capteur de chiens errants, le vendeur de lait, le camelot, le teinturier, si Amar, ammi Benmessaouda, le charbonnier, l'épicier, si Mostefa, ou encore khalti Fatima, cette femme sensible et généreuse, étaient tous des personnages remarquables de ce village construit sans génie architectural, ni mesures urbaines, ni repères, auxquels l'auteur ne pouvait que rendre hommage. Plus loin encore et plus précisément dans son chapitre 10 "Les songes de Aïcha", l'auteur présentera d'autres figures emblématiques la veille de leur montée au maquis, tels les Belkhodja Ahmed et Oudah suivis des Ladjel, Benzineb, Okacha, Maghraoui, Larbi Ould El Gard, Saïd Maâchi, Lakhdar Lahbiri, Magharbi, Madani, Djazouli et évidemment bien d'autres. "Village sbagnol», un lieu dit, témoin d'une réalité captivante, une existence authentique et un quotidien riche en expériences.
Ce livre se propose de raconter les exploits des habitants du village, dont les nombreux défis ont été relevés avec une combinaison de bravoure et d'intrépidité. Le récit met en lumière les grands moments de réminiscences ainsi que les sacrifices profonds consentis par toute une contrée, dont les secrets sont loin d'avoir tous été dévoilés. Le décès de l'auteur, cette semaine, a été une perte douloureuse pour sa famille, ses amis et ses admirateurs. Malgré leur tristesse, ses proches ont honoré ses souhaits en veillant à ce que son deuxième livre soit édité à titre posthume, offrant ainsi une chance aux lecteurs de découvrir son œuvre.
S. M. N.

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