samedi 20 mai 2023

Journée nationale de l’étudiant, Grève du 19 mai 1956 : Quels défis pour les étudiants d’aujourd’hui ?

«Notre passivité face à la guerre qu’on mène sous nos yeux nous rend complices des accusations ignobles dont notre vaillante Armée nationale est l’objet. La fausse quiétude dans laquelle nous sommes installés ne satisfait plus nos consciences. Notre devoir nous appelle à d’autres tâches plus urgentes, plus coopératives, plus catégoriques, plus glorieuses. Notre devoir nous appelle à la souffrance quotidienne aux côtés de ceux qui luttent et meurent libres face à l’ennemi.


Nous observons tous la grève immédiate des cours et examens et pour une durée illimitée. Il faut déserter les bancs de l’université pour le maquis. Il faut rejoindre en masse l’Armée de libération nationale et son organisme politique le FLN. Étudiants et intellectuels algériens, pour le monde qui nous observe, pour la nation qui nous appelle, pour le destin héroïque de notre pays, serions-nous des renégats ?» Ainsi était actée l’adhésion des étudiants algériens à la Révolution du 1er novembre 1954.

Un «signal fort» de l’implication et de l’engagement de l’élite intellectuelle algérienne dans le combat libérateur. L’appel à la grève, lancé par Larbi Ben M’hidi, Amara Rachid et Abane Ramdane, visait à démontrer aux autorités coloniales que la Révolution concernait tous les Algériens et ne pouvait, donc, être réduite à une simple insurrection armée conduite par des «hors la loi», comme elles les présentaient. En décidant, le 19 mai 1956, de quitter les bancs des universités et des lycées pour rejoindre les rangs de la Révolution, à travers les quatre coins du pays et même à l’étranger, les étudiants algériens ont contribué sensiblement à l’internationalisation de la cause algérienne et à la libération du pays de l’occupation français.

Leur sursaut a été un «tournant décisif» dans la guerre de Libération, de l’avis de nombreux historiens et moudjahidine qui témoignaient, à chaque occasion, de leur «apport crucial» à la Révolution. La grève décrétée par les étudiants algériens en ce 19 mai 1956 est un des actes politiques les plus importants de notre guerre de Libération nationale. Elle a eu un impact considérable auprès de la jeunesse du monde entier. F.L.

Aucun commentaire: