dimanche 20 août 2023

Hommage au Chef de la wilaya IV historique, Djilali Bounaâma : Un combattant hors pair

Le lion de l’Ouarsenis, Djillali Bounaâma, est un grand chef militaire, un homme vaillant et courageux, un patriote loyal et un véritable meneur d’hommes qui a fait de la région IV, une forteresse infranchissable pour le colonisateur français.Né le 16 avril 1926 au douar Beni Hendel à Molière, devenu après l’indépendance en son honneur Bordj Bounaâma, fils d’un épicier modeste, il quitte l’école, très jeune pour travailler dans une mine de zinc de Bou Caïd, près d’Orléansville (Chlef).


À dix-huit ans (en 1944), il s’engage dans l’armée française d’Afrique du Nord, qui fait les campagnes d’Italie, de France et d’Allemagne. Il retourne à Bou Caid avec le grade de sergent. Syndicaliste actif à la CGT à la mine de zinc, il est membre du PPA-MTLD et appartient aussi à l’OS.
Il est l’instigateur de la grève des mineurs de Bou Caïd en 1951 qui dure 4 mois. En 1952, il devient responsable de la section locale du MTLD. Recherché depuis le démantèlement de l’OS, il part en Belgique où il travaille aux mines de charbon de Borinage. En juillet 1954, il assiste au congrès des messalistes à Hornu en Belgique. Revenu en Algérie, il est arrêté le 6 novembre 1954 et incarcéré à la prison d’Orléans ville, puis à Barberousse (Serkadji) à Alger.

Juste après sa libération, il rejoint les rangs de l’ALN et assure l’implantation des maquis dans le massif de l’Ouarsenis et dans la plaine du Cheliff. Après le congrès de la Soummam, il fait partie du conseil de la zone 3 de la wilaya 4 ; il devient le chef politico-militaire de cette zone jusqu’à la fin de 1957.

Une fois promu commandant, et membre du conseil de wilaya en 1958, Si Mohamed, de son nom de guerre, est désigné comme adjoint de Si M’Hamed, qui n’est autre que le colonel Bouguerra. Ce dernier confie une grande part des tâches administratives à son adjoint qu’il tient en grande amitié. Si Mohamed a rédigé pour la wilaya IV «Le Guide du fidaï». Il est chargé de mettre en place le service de propagande et d’information (SPI) qui diffuse les mots d’ordre vers les villes. Mohamed Teguia qui se fera plus tard historien de la wilaya IV, participe à ce travail de secrétariat et de ronéo.

Le colonel Si M’Hamed tombe les armes à la main dans l’accrochage d’Ouled Bouachra le 5 mai 1959. Si Salah, de son vrai nom Mohamed Zamoum, bien que plus jeune (32 ans) que le commandant Si Mohamed (34 ans), mais plus ancien au maquis et promu antérieurement au commandement de la wilaya IV. Cette décision de crise a été prise lors de la réunion de l’inter-wilaya de décembre 1958.

Sans aide logistique de l’extérieur, Si Salah transmet plusieurs messages de griefs à l’état-major de Boumediene à Tunis, pour l’informer de l’état des lieux, avec menace de céder aux propositions du général De Gaulle annoncées le 23 octobre 1958 pour «une paix des braves». Si Salah est contacté secrètement par l’entremise des réseaux locaux. La première rencontre aura lieu au domicile du Cadi El Mazighi à Médéa.

À la wilaya 4, les conséquences immédiates sont doubles. Exprimant ce qui n’était jusqu’alors que des réticences, Si Mohamed se détourne de Si Salah et du capitaine Lakhdar. Le 14 juillet 1960, il prononce la dissolution du comité de wilaya et prend le commandement et fait exécuter le capitaine Lakhdar. Si Salah est mis en état d’arrestation. Celui-ci est bien plus tard envoyé sur Tunis pour jugement ; il sera tué dans une embuscade de l’armée française, le 20 juillet 1961 dans le sud du Djurdjura, tant le cheminement fut long. La prise de direction est approuvée par le commandant Ahmed Bencherif. L’état-major de Tunis ne comprenait pas ce qui se passait dans cette wilaya. Le commandant Bencherif approuve tout autant la relance massive ou par règlements de compte, des procès et des purges.

En effet, Si Mohamed a mis en place un Comité militaire de coopération et d’exécution qui couvre les arrestations et la torture, organise les jugements, collectifs et individuels. Dans l’Ouarsenis, c’est le commandant Hassan, Youssef Khatib, qui est le chef. Intervenant dans les conflits de direction de la wilaya 5 (Oranais), Si Mohamed se proclame contrôleur des zones de la wilaya 5 et soutient les opérations de son adjoint, le capitaine Tarik.

L’état-major général à Tunis, pour des raisons autres que disciplinaires et organisationnelles, s’oppose à la promotion au grade de colonel de celui qui restera le commandant Mohamed. Il tombe en martyr, à Blida, le 8 août 1961 dans l’explosion du PC de la wilaya 4.

En 2016, une statue en bronze érigée à son effigie a été dévoilée sur l’esplanade de Bab Dzaïr au centre-ville de Blida, à l’occasion du 55e anniversaire de sa mort.  S. M. N.

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